ALZHEIMER ET L’HYGIENE MENTALE

C’est déjà l’état d’urgence : cent milles nouveaux cas chaque année et le pire est à venir.

Nous savons peu de choses sur la maladie d’Alzheimer ; la responsabilité du peptide amyloïde est probable. Son accumulation par hyperproduction et par déficit d’élimination ne nous avance guère pour l’instant. Cela peut se traduire autrement : jamais nous n’avons été confrontés à autant de comportements de plénitudes, jamais nous n’avons reçu autant d’informations ni avons été soumis à autant de situations émotionnelles perturbantes (stress).

Par ailleurs tout s’accélère, nous ne cessons de programmer le temps avant de le vivre et s’il nous était proposé de passer à une heure de 30 minutes, cela n’étonnerait personne. Nous pouvons envisager que le syndrome d’Alzheimer comme toutes ces nombreuses pathologies qui se développent comme des champignons (prises de poids excessif, par exemple) et qui, pour la plupart, débordent le domaine médical, permettent à un grand nombre d’entre nous d’accéder à une capacité préventive authentique. Dans tous les cas, comme le dit un proverbe chinois :
« Il est bien tard, lorsque la sécheresse est là, de commencer à creuser son puits ». Le cerveau n’est pas un ordinateur ; cela ne signifie pas qu’il n’a pas besoin lui aussi de « rafraîchissement ».

Comme nous avons appris à nous laver la peau, il est sans doute urgent aujourd’hui d’apprendre à « se doucher la tête », à effacer les traces. Je vous propose deux méthodes ; elles ne sont pas dépensives et ne risquent pas de grever le budget de la sécurité sociale ; de plus, elles ne présentent aucun risque de réactions secondaires.
- La première implique une écoute fine de la respiration sur une zone éloignée du bastion cérébral.
- La seconde, « la méthode de l’Invité », permet également de maîtriser les pensées vagabondes, les nuages gris. Ces techniques appartiennent à l’héritage millénaire de la Chine et à sa vision énergétique du vivant. Elles reposent sur un principe général :
« Remplacer les cents pensées par une intention unique ». L’activité cérébrale peut être comparée à une radio répétitive qu’il est difficile d’arrêter. L’insomniaque le sait bien, il connaît bien ce ressassement inlassable que les chinois appellent les « cent et mille pensées », souvent orientées sur un passé « mal digéré ».

MÉTHODE :
La respiration est, ici, l’outil privilégié.

Le compagnonnage entre notre cœur et notre souffle a marqué notre surgissement dans et pour la vie : notre première respiration, en dilatant les alvéoles pulmonaires, a constitué notre cœur définitif en deux compartiments. C’est pour cela que la possibilité d’apaiser notre souffle permet, dans le même temps, d’apaiser le cœur et ce double apaisement, c’est l’accession à la quiétude mentale.

 

PRATIQUE :
Dans une position confortable, détendue sans être affaissée, les deux mains redoublées sur le ventre, vous portez votre attention sur votre rythme respiratoire.
Lorsque nous sommes dans la quiétude, il joue à quatre temps : l’inspir et l’expir sont séparés par un silence corporel, une immobilité équivalente à un battement de cœur.
Cette écoute de la sensation exacte, vous installe dans un intervalle où la pensée est fixée sur le souffle, sur l’instant. Dés qu’il y a une émotion, une pensée préoccupante, la pause respiratoire disparaît. Si, à nouveau, vous suivez le souffle et percevez ses quatre phases, la pensée stressante s’évanouit. Dans le même temps, choisissez une zone de concentration éloignée de la tête ; le milieu de la poitrine ou la nuit du ventre convient très bien.

Maintenant, vous comprenez la méthode, c’est un art du « déménagement », un apprentissage de l’inconstance ! Nous sommes invités à tout oublier lorsque cela est nécessaire.
La fraîcheur du système psychique dépend de cette capacité à mettre le cerveau dans un état de restriction relative. Cette technique est utilisée depuis des millénaires, dans les Qi Gong chinois, pour entrer dans la sérénité nécessaire, la vacuité exigée pour la bonne circulation de l’énergie dans le corps.Remarque :
Il est possible qu’au début, l’attention portée à votre respiration, perturbe ce qui préalablement fonctionnait très bien. C’est souvent le cas, pour ceux qui ont une respiration haute, claviculaire. Il vous faudra un peu de temps de pratique pour avoir des sensations au niveau du ventre. L’amélioration du mouvement du diaphragme a de grands profits, retour du sang veineux, massage des organes internes. Lorsque la méthode est en place, n’hésitez pas à la mettre à l’épreuve. Les occasions ne manquent pas : les atteintes émotionnelles (colère, tristesse … le journal de vingt heures – avec les malheurs du monde entier …). De plus en plus rapidement, vous devez parvenir à vous détacher de tout contenu mental inopportun, inutile ou blessant, à changer votre météo interne.

Quand faut-il pratiquer ces exercices ?
Chaque fois qu’il est nécessaire de se détacher d’une émotion négative, vous pouvez utiliser l’un ou l’autre de ces procédés.
Et aussi, plus particulièrement le soir, lorsque vous rentrez du travail pour vous mettre à distance de ce qui a été vécu dans la journée : beaucoup de choses dites, entendues, ne sont pas à graver dans le marbre.

Il s’agit d’une véritable douche mentale que vous pouvez utiliser également avant de vous endormir.

A ce propos, la qualité du réveil est souvent liée à la qualité de la nuit. Si, dès que vous êtes levé, vous êtes submergé par des envies de vie, par le jaillissement du printemps du jour, ces exercices sont inutiles. Par contre, si l’œil à peine ouvert, vous êtes emporté par le souvenir ou l’anticipation, vous avez grand intérêt à pratiquer. L’hygiène mentale est précieuse. Cela revient à s’accorder un intervalle d’inutilité sociale et familiale, un terrain vague où l’on peut se recentrer. Ne dit-on pas que ce que l’on gagne, c’est le temps perdu sur le chemin.